—Je te demande pardon, Minne, dit Antoine très doux. Mais... tu parles de dangereuse carrière... Qu’est-ce qu’il fait donc, ton... ton ami?

—Je ne peux pas te le dire.

—Une dangereuse carrière... poursuit Antoine patiemment, cauteleusement... Il y en a beaucoup de dangereuses carrières... Il pourrait être couvreur... ou conducteur d’automobile...

Elle arrête sur lui des yeux meurtriers:

—Tu veux le savoir, ce qu’il fait?

—Oui, j’aimerais mieux...

—Il est assassin.

Antoine hausse ses sourcils de Méphistophélès départemental, ouvre une bouche badaude et part d’un jeune éclat de rire. Cette bonne grosse plaisanterie le remet, et il tape sur ses cuisses d’un air plus convaincu que distingué...

Minne frémit; dans ses yeux, où se mire un couchant rouge de septembre, passe l’envie distincte de tuer Antoine...

—Tu ne me crois pas?