Saisie de l’accent nouveau, elle s’approcha, voilée de cheveux blonds, les mains en coquilles sur ses seins si petits.
—Quoi donc?
Elle était contre lui, tiède d’avoir quitté sa robe lourde, et son parfum aigu de verveine citronnelle faisait penser à l’été, à la soif, à l’ombre fraîche...
—O Minne, sanglota-t-il, jure-le-moi! Jamais, pour personne...
—Pour personne?
—Pour personne, devant personne, tu n’as rangé ainsi tes épingles et tes bagues, jamais tu n’as dit que ta mère te coiffait comme ça, jamais tu n’as, enfin, tu n’as...
Il la tenait dans ses bras, si fort qu’elle plia en arrière comme une gerbe qu’on lie trop serré, et ses cheveux frôlèrent le tapis.
—Vous jurer que je n’ai jamais... Oh! que vous êtes bête!
Il la garda contre lui, ravi du mot. Toute renversée sur son bras, il la contempla de près, curieux du grain de la peau, des veines des tempes, vertes comme des fleuves, des yeux noirs où danse la lumière... Il se souvint d’avoir regardé avec la même passion la nacre bleue, les antennes plumeuses, toutes les merveilles d’un beau papillon vivant, capturé un jour de vacances... mais Minne se laissait déchiffrer sans battre des ailes...
Une pendule sonna, et ils tressaillirent ensemble.