C'est le mercredi, 10 août, que seront courues les épreuves les plus importantes. Elles ont été distribuées, de la façon suivante:
Le matin: prix de la totalisation des distances accordé à l'aviateur ayant parcouru la plus longue distance dans la matinée.
De 1 heure à 2 heures de l'après-midi: Prix de lancement (1.000 francs) à l'appareil qui prendra son essor après avoir parcouru, sur le sol, un espace minimum. Ce prix met en valeur l'habileté des aviateurs, le minimum de résistance à l'avancement de l'appareil et les qualités de l'hélice. Il est fonction de la puissance du moteur.
De 2 heures à 3 h.: Prix des Passagers, (1.000 fr.) à l'appareil emportant le plus grand nombre de voyageurs et restant dans l'air le plus longtemps. Ce prix met surtout en valeur les qualités sustentatrices, c'est-à-dire le poids emporté par mètre carré de toile, mais les qualités de l'hélice et du moteur interviennent aussi grandement.
De 3 heures à 4 heures seront courus deux prix de vitesse, respectivement de 3.000 et 1.000 francs qui récompenseront l'appareil parcourant une distance donnée dans un minimum de temps. On sait qu'à l'heure actuelle le record de la vitesse sur toutes les distances est détenu par le monoplan «Blériot» de Morane, pourvu d'un moteur rotatif «Gnôme» de 100 chevaux et qui a réussi à faire 106 kilomètres à l'heure, parcourant 20 kilomètres en 12 m. 45 s. 3/5, 10 kilomètres en 5 m. 42 s. 2/5 et 5 kilomètres en 3 m. 15 s., au dernier meeting de la Champagne (Bétheny-Reims).
De 4 heures à 5 h. 1/2: Course de Jarville à la Frontière, avec atterrissage à Moncel, et retour sur Jarville. Cette course est dotée de trois prix: 4.000, 2.000 et 1.000 francs.
De 5 h. 1/2 à 6 h. 1/2 aura lieu un Concours de hauteur avec deux prix, 5.000 et 2.000 francs, à l'appareil qui s'élèvera à la plus grande hauteur.
Récemment le record en a été porté à 1.800 mètres, mais il ne faut pas espérer voir mieux à Nancy. C'est ainsi qu'à Reims, Latham sur «Antoinette», n'a pu parvenir à dépasser 1.384 mètres et Chavez sur «Blériot», 1.150 mètres. Il est vraisemblable que Morane sur «Blériot» pourra aussi jouer dans ce prix un rôle important.
A toutes ces épreuves, il y a lieu de faire un reproche; le temps mis à la disposition des aviateurs, en présence du grand nombre de prix mis en compétition semblant réellement trop faible pour leur permettre de faire des randonnées intéressantes. De plus, on leur imposera une fatigue et un surmenage qui nous semblent bien excessifs.