Ainsi, même à défaut d'ordres généraux, la répression agirait partout, immédiatement et d'une manière convenable, avec des approvisionnements assurés.
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162. La direction militaire est trop souvent entravée, pendant l'émeute, par des influences diverses:
1° Les solliciteurs de détachements ne demandent, le plus souvent, qu'à mettre leur responsabilité à couvert, dans l'intérêt particulier de leur service ou de leurs établissements, sans s'inquiéter de la situation générale et des considérations qui doivent dominer;
2° Les incessants porteurs de nouvelles alarmantes prétendent avoir vu toutes les choses absurdes qu'une imagination timorée leur suggère;
3° Les donneurs de conseils sont toujours nombreux, un faux et ridicule zèle les excite;
4° Quelquefois des citoyens intéressés, passionnés, enveniment, prolongent, ensanglantent la lutte par leur intervention inopportune;
5° Les entremêleurs officieux et suspects sont d'autant plus dangereux qu'ils ont presque toujours un pied dans la révolte: on profite du concours loyal ou perfide de ceux-ci, de manière à les compromettre et à désorganiser l'émeute; mais on ne leur permet pas de s'initier au secret des mesures de répression; on saisit le premier prétexte pour arrêter les plus dangereux.
163. Les rapports régulièrement fréquents des chefs de patrouille aux commandants de centres d'action, de ceux-ci aux chefs de subdivisions et de divisions, de ces derniers au centre du gouvernement et au quartier général principal; des commissaires et agents de sûreté au commissaire central de police; des officiers de place ou de l'état major de ronde; dans chaque arrondissement, ceux de la milice urbaine; les signaux établis entre les différents quartiers généraux, mairies, positions militaires et casernes, permettent toujours d'apprécier, au juste, ces demandes de secours, ces avis, ces rapports exagérés, et d'agir avec connaissance de cause; ils assureront la prompte et complète exécution des ordres.
Ces avantages, ces facilités résultent de la juxta-position permanente si utile des autorités civiles et militaires correspondantes, dans chaque arrondissement et quartier.