La patrouille faite sera recommencée immédiatement par le même peloton qui, après la seconde, tournée, devra être remplacé par un autre. Tous les soldats au repos conserveront la giberne et le sabre.

188. De cette manière, et tant qu'il n'y aura pas de lutte sérieuse, chaque homme pourra se reposer trois et quatre heures de suite; moins du quart du bataillon veillera sous les armes.

La troupe, abritée et bien nourrie, résistera facilement à une émeute de plusieurs jours; elle occupera, à portée des chefs, les positions dominantes, sous la protection de la réserve; le bataillon entier pourra être réuni facilement pour un mouvement quelconque.

189. Les 5 et 6 juin 1832, un bataillon occupa, conformément à ces principes, la grande poste et le quartier environnant.

Les rebelles avaient intérêt à bloquer cet établissement, afin de tromper la province par l'absence des courriers ou l'envoi de fausses nouvelles; il leur suffisait, pour parvenir à ce but, de faire des barricades tout autour, sans même qu'il fût nécessaire de les défendre.

De ce centre d'action, d'incessantes patrouilles rayonnèrent au delà des petits postes extérieurs, jusqu'au Carrousel, les Halles, la Banque, les Petits-Pères; elles rallièrent les gardes nationaux et empêchèrent l'insurrection de s'établir dans ce quartier; elles assurèrent l'approvisionnement régulier du bataillon en vivres pris chez les fournisseurs voisins et en munitions: la soupe fut régulièrement faite dans l'hôtel même de la poste.

190. Un bataillon, posté connue il a été dit plus haut, tiendra un espace circulaire de 2 à 300m de diamètre, dans les lieux importants duquel aucun homme armé ne pourra se montrer sans être fusillé de plusieurs points.

Un second bataillon, dont la réserve sera à 5, ou 600m de celle du précédent, maintiendra un autre quartier hostile; il sera impossible aux insurgés de faire un établissement sérieux, et même de se grouper, entre eus deux centres d'action constamment liés par des patrouilles.

191. Le 11 et le 12 mai 1839, deux bataillons occupèrent ainsi les quartiers Saint-Méry, du marché des Innocents, du Châtelet et du Quai-aux-Fleurs, de manière à y rendre impossible tout désordre, nonobstant le nombre et la nature des masses de curieux ou autres individus venus de tous les points de Paris.

Un bataillon eut sa réserve dans l'église Saint-Méry, l'autre sur la place du Châtelet, à la chambre des notaires.