195. La garde nationale s'établira dans les mairies et places environnantes; elle pourra garder des carrefours voisins de ceux occupés par la ligne, détacher des compagnies auprès des réserves des bataillons, et des bataillons entiers auprès de la réserve générale.

196. On interceptera, à l'aide des 2/10 de l'infanterie et des 4/10 des autres armes, les communications de l'insurrection avec le dehors:

1° En occupant ou bouchant les différentes portes, si la ville a une enceinte;

2° En plaçant des bataillons ou demi-bataillons dans trois ou quatre positions extérieures commandant les principaux obstacles ou issues, chemins, ponts, rivières, canaux, et communiquant directement avec le quartier militaire;

3° Des piquets de cavalerie battent les environs, interceptent les nouvelles, dispersent les rassemblements, gardent les défilés extérieurs et rapprochés par lesquels on arriverait à la ville.

197. Les gardes de la manutention, des télégraphes, de l'arsenal, de la banque, des postes et même des messageries ou autres administrations rentreront, sur l'avis des agents de police, dans ces établissements; elles s'y barricaderont et s'y défendront; la porte du corps-de-garde sera fermée s'il est extérieur.

Si, nonobstant les concours de la garde nationale, la conservation de ces postes exigeait un trop grand déploiement de forces, il faudrait, autant que possible, avant de les évacuer, transporter dans le quartier militaire, ou, au moins détruire, tout ce qui pourrait favoriser la révolte: bateaux, voitures, poudres, moyens de transport et de correspondance.

Les gardes qui, par leur faiblesse, ne pourraient résister, se replieraient, à l'avertissement des agents de sûreté, sur d'autres postes indiqués.

198. Suivant la force de la garnison et les dispositions de la milice citoyenne, l'on occupera, sur quelques points, les dépôts de grains et de farines, les maisons de boulangers, d'armuriers, d'artificiers, les imprimeries, les caisses publiques et particulières, les églises ou clochers d'où l'on pourrait sonner le tocsin ou faire des signaux, ainsi que les bâtiments qui protégent le débouché sur les places et en dehors des casernes.

Mais on évitera toujours de disséminer la troupe, de l'engager légèrement sans les appuis et moyens nécessaires, sur des points trop éloignés communiquant difficilement entre eux ou avec la réserve.