240. Si l'insurrection est dans le quartier militaire qu'occupe la garnison, celle-ci, non affaiblie par des détachements, l'isolera d'abord du reste de la ville et de l'extérieur.
Sans grande effusion de sang, on pourra compter sur un succès avant le second ou le troisième jour, suivant les forces et les approvisionnements des rebelles.
Mais, si l'on veut hâter la conclusion, les différents corps postés dans les établissements publics les plus importants, bien approvisionnés de vivres et de tous les moyens indispensables dans la guerre de maisons, logés à l'écart de la population et des agitateurs, se lieront entre eux et avec l'état-major général, comme il a été expliqué: agissant sur un rayon proportionné à leurs forces, ils offriront ainsi aux gardes nationaux et autorités civiles, dans des espèces de citadelles actives, des centres de réunion et de défense.
Engagées de cette manière, les troupes n'éprouveront nulle part ni perte, ni grande résistance, et triompheront bientôt d'une insurrection débordée de toutes parts.
241. Dans le cas d'une émeute intérieure et sérieuse, les insurgés veulent agir à la fois sur tous les points et se disséminent; alors, on enlève la position la plus importante par un grand effort, et l'on marche ensuite aux autres jusque-là contenues par de fausses attaques.
Ou les réduit successivement, on menace, on avance, avec toutes les troupes réunies, en tête, en queue et par les flancs.
242. Si les insurgés n'occupent réellement qu'un seul point en forces, il faut les y amuser par peu d'hommes éprouvés et, en même temps, les cerner en occupant tous les débouchés environnants.
On agit vigoureusement et simultanément en plusieurs endroits, là où les colonnes d'attaque pourraient être soutenues par une réserve commune.
243. Dans le cas d'une rébellion ouverte, l'émeute se développe à l'extérieur du quartier militaire occupé; des secours attendus, des causes de division ou de lassitude qui peuvent survenir parmi les insurgés engagent à gagner du temps; alors, on se fera une enceinte, en profitant des rues, jardins, vieux murs, canaux, rivières, le long de laquelle on occupera de bons bâtiments, surtout aux embranchements de rues et de carrefours, de 200 en 200 pas, afin du mieux se flanquer, d'enfiler les principales communications parallèles et transversales.
Les édifices, faisant tête de pont au delà de cette enceinte, seront également occupés, pour prendre des revers utiles sur le pourtour, et permettre d'agir au dehors dès que cela sera possible ou nécessaire.