Les autorités civiles resteront, autant que possible, à leur poste, pour profiter des premières bonnes dispositions des rebelles, et empêcher l'élévation d'autorités nouvelles qui, une fois compromises, s'opposent à tout accommodement.
La conduite ferme et habile de la reine-mère, dans l'émeute de 1588, est un exemple de l'observation de ce principe.
247. Dans un état des pouvoirs publics, où ceux-ci auraient besoin d'être fortifiés, encouragés, rassurés par le concours de l'opinion, il faudrait agir avec prudence et résoudre le plus de difficultés possibles sans rien compromettre.
248. Si, à proximité de la ville, existe un corps auxiliaire que l'on ne peut immédiatement y faire entrer, pour quelque motif que soit, le camp provisoirement occupé par ce corps et les positions de combat de la garnison seront tels que leurs communications restent constamment faciles et assurées.
249. Dans les états où il n'existe pas de garde nationale, le plan général de défense exposé, chapitre 4, devra être grandement modifié; il ne sera plus, alors, aussi indispensable d'organiser à l'avance, comme centres d'action et magasins d'approvisionnements, toutes les mairies; les règles pratiques du chapitre 5 resteront utiles.
Dans ce cas nouveau, il ne faudrait pas désespérer de réprimer le désordre; un principe militaire plus fort, vis-à-vis de l'anarchie entièrement désarmée, pourrait encore suppléer au défaut de cet utile auxiliaire.
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250. La topographie de la ville permet à la garnison d'occuper, comme base d'opérations, un quartier militaire à cheval sur toutes les rives, communiquant avec toutes les directions, renfermant les principales administrations et s'étendant de la circonférence vers le centre: c'est le cas le plus avantageux qui puisse se présenter.
251. Le nombre et l'importance des obstacles qui divisent la ville sont à l'avantage de la troupe ou de l'insurrection, selon que la première peut, d'un petit nombre de positions à sa portée, dominer ces obstacles, ou que ceux-ci ne couvrent pas directement l'insurrection.
252. Un quartier militaire central est d'autant moins convenable que les approvisionnements de toute nature y sont moins assurés, que la force publique est moins puissante et que ses communications avec l'extérieur peuvent être plus facilement interceptées. Il a souvent l'avantage d'isoler les différents arrondissements insurrectionnels.