On fonderait peut-être ainsi quelque chose de solide; on assurerait, du moins, aux contemporains si agités quelques années de repos; et de nouvelles péripéties modifieraient la direction des esprits.
Dès qu'ils ne réunissent pas l'unanimité de vœux, sans lesquels ils ne triompheraient qu'accidentellement, et pour l'anarchie, tout parti, toute idée patriotique doivent renoncer à leur individualité et se rallier au drapeau qui compte le plus de forces; agir autrement serait un crime de lèse-humanité.
Le naufragé s'obstine-t-il à périr en refusant la main qui peut le sauver, pour une autre hors de portée?
Celui qui ne surnage pas doit-il s'efforcer d'entraîner tous les autres dans sa ruine?
Pourquoi se diviser par des préoccupations d'un autre temps?
Les partis impatients, quelque agitation qu'ils se donnent, ne parviendront pas à arracher de l'avenir un secret, qui, comme lui, est encore à naître.
À moins qu'un bienfait providentiel ne fasse surgir, du milieu des sociétés désunies, la force qui, étrangère à tant d'aberrations, mettrait fin à l'aveuglement, au désordre des esprits, ces sociétés sont condamnées à périr de marasme anarchique ou par la conquête.
Il ne s'agit même plus, pour des nationalités jadis prospères, d'intérêts de famille, de classe ou de dynastie; c'est la vieille Europe qui s'en va avec ses grandeurs, ses gloires, sa foi, ses idées d'avenir, ses éléments de progrès, fruits de longs et heureux efforts de la civilisation moderne; c'est le principe d'autorité successivement démoli par tous qu'il faut recréer; c'est la société qui est à relever en commençant par ses bases primordiales.
360. Ce grand labeur, on doit l'entreprendre, avec quelques rares et chétifs débris, sous l'ouragan déchaîné des idées de destruction, et en présence d'états rivaux qui préparent ou convoitent toutes les ruines.
Au-dessous d'aucune noble ambition, cette tâche sera, partout, l'œuvre providentielle de fortes volontés. Le monde a besoin de grands exemples.