Philippe IV profita de ce moment pour réunir et faire agir ses archers: les principaux agitateurs furent arrêtés et exécutés.
Néanmoins, dès le mois d'octobre, le roi modifia ce qu'il y avait de plus criant dans les ordonnances.
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9. En 1320, un prêtre et un moine déserteurs des autels entraînèrent, en procession mendiante, les gens des campagnes, sous le nom de pastoureaux.
Une de ces troupes arriva à Paris, délivra les prisonniers de Saint-Martin-des-Champs, força le Châtelet, Saint-Germain-des-Prés, et se retrancha au Pré-aux-Clercs, d'où le gouvernement effrayé la laissa s'échapper.
Cette bande se dirigea sur le Languedoc, qu'elle traversa en juin: 40,000 hommes entrèrent en même temps par différents côtés.
Ces malheureux, dont les magistrats et les prêtres demandaient l'extermination, étaient eux-mêmes animés d'une égale férocité: le massacre des juifs était leur mission; partout ils les livrèrent à d'affreux supplices.
Les juifs du diocèse de Toulouse s'étalent réfugiés, au nombre de 600, dans le château royal de Verdun-sur-Garonne: ils y furent bientôt assiégés, les officiers royaux ne pouvant engager aucun chrétien à prendre leur défense. Les pastoureaux les poursuivent dans la plus haute tour, mettent le feu aux étages inférieurs et les réduisent, avant de s'entregorger, à jeter leurs enfants aux assaillants, dans l'espoir, bientôt trompé, qu'on prendrait pitié de leur innocence.
Le pape, lui-même, effrayé dans Avignon, prononça l'anathème contre ces forcenés; il somma les sénéchaux de Beaucaire et de Carcassonne de résister: les pastoureaux se rejetèrent sur Aigues-Mortes, pour s'y embarquer: ils furent cernés et moissonnés dans ces plaines pestilentielles, faute de vivres et d'abris: ceux qui essayaient de s'échapper étaient exécutés.
Il y a des époques ou l'histoire des nations semble être celle de tous les excès.