Le 21, toutes les chaînes avaient été arrachées et transportées à
Vincennes. On procéda, par visites domiciliaires, au désarmement.

Dans les quinze derniers jours de février, l'avocat-général Desmarets, qui s'était souvent interposé entre le peuple et le roi, et cent bourgeois des plus influents, la plupart anciens compagnons de Marcel, furent exécutés.

Les principaux bourgeois, qui avaient exercé des charges pendant les séditions, furent successivement appelés devant la chambre du conseil, qui les taxa à des amendes, selon leur fortune. Les impôts furent maintenus.

Le roi fit récapituler, devant le peuple assemblé au Louvre, toutes les séditions des Parisiens, depuis les trente dernières années; il déclara, néanmoins, que grâce était accordée au reste de la population.

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13. Dans la première moitié du XVe siècle, la France, théâtre sanglant de guerres civiles et étrangères, n'appartint, à proprement parler, ni aux Valois, ni à l'Angleterre.

On vit les factions de Bourgogne et d'Armagnac, abusant de la démence de Charles VI, troubler l'État, déjà trop affaibli par les malheurs d'Azincourt et les progrès des Anglais.

Le meurtre du duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, à Montereau, jeta, dans les bras de ceux-ci, son successeur aveuglé par la vengeance.

On vit la reine soutenir successivement les deux factions qui désolaient la France quelquefois contre le roi, toujours contre son propre fils; en 1420, par le traité de Troyes, elle fait déshériter le dauphin, en faveur de sa fille promise au roi d'Angleterre, Henri V.

Les deux rois Charles VI et Henri V font leur entrée à Paris: les États-Généraux ratifient le traité; la capitale, qui partageait ces sentiments éhontés, fêta les succès des Anglais et du malheureux Charles VI contre le dauphin. Plus tard, lors de la mort presque simultanée des deux monarques lignés, elle proclama Henri VI roi de France et d'Angleterre.