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36. Ces luttes, quelquefois usitées chez les anciens, très-souvent au moyen-âge, sont devenues plus sérieuses aujourd'hui, par suite de l'usage des armes à feu; du grand nombre de grosses voitures, barricades roulantes en circulation dans les grandes villes; de la nature du pavage des rues et des constructions qui les bordent; du système de recrutement qui jette chaque année, en dehors des armées, la partie la plus militaire de la population dès-lors déclassée; de l'extension exagérée de l'industrie; de la misère accidentelle qu'elle occasionne, dans des masses agglomérées d'ouvriers de même état; d'un luxe surabondant d'aspirants aux fonctions publiques de tous les degrés; mais, surtout, d'une centralisation imprudente et de l'affaiblissement graduel de tous les pouvoirs.

De l'examen de chacun des faits précédents résultent des principes généraux et la nécessité de les modifier selon les circonstances.

Nous essaierons de tenir compte de ces graves enseignements. Problème difficile, important, digne des méditations des hommes d'état, des militaires et des amis de l'humanité, non dans l'intérêt de la France mais de l'Europe: la première a eu trop à souffrir des révolutions pour désormais s'y exposer.

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Heureuse la nouvelle génération européenne, si le hideux tableau des luttes intestines, des excès barbares des âges passés; si le souvenir plus saisissant des jours néfastes qui l'ont vu grandir, pouvait la dégoûter, pour longtemps, de l'anarchie, et rendre oiseuse toute préoccupation à l'égard des moyens de prévenir ou de réprimer les désordres de la guerre civile.

CHAPITRE II.

Différents partis à prendre en cas d'émeute.

§ 1er.

RÉPRIMER LA RÉVOLTE DANS TOUTE LA VILLE.