Ainsi échoua le projet de Napoléon, par suite d'une circonstance que
Louis XVIII avait d'abord jugée regrettable.
Napoléon et le duc de Guise, entre lesquels du reste aucune autre comparaison n'est possible, furent également inquiets d'apprendre, l'un, que Henri III venait de se dérober à l'émeute de Paris; l'autre, que Louis XVIII était à Gand en rapport avec la France et la coalition: en présence d'une révolution imminente, le pouvoir menacé doit être, au centre de ses points d'appuis réels, en dehors de la masse de ses ennemis.
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Avant d'aborder, dans sa généralité et avec toutes ses difficultés, l'important problème de la répression des émeutes à l'intérieur des capitales de l'Europe, il était nécessaire d'énumérer les autres principaux plans de défense, proposés ou suivis jusqu'à ce jour, contre une tentative de révolution: ici, encore, les enseignements de l'histoire n'ont point fait défaut: il est malheureusement peu de sujets militaires sur lesquels on puisse recueillir autant de faits et de déplorables, mais utiles leçons.
CHAPITRE III.
Principes fondamentaux.
§ 1er.
PRINCIPES GÉNÉRAUX.
72. Commençons par l'exposé des principes généraux qui ont rapport à la force morale de la troupe et à son maintien en toutes circonstances.
Il est d'abord nécessaire de rappeler huit assertions relatives à l'emploi de l'armée dans les troubles civils; on avait donné beaucoup trop d'importance aux trois premières; les militaires et les hommes d'État ne peuvent les admettre, même très-exceptionnellement et avec les plus grandes restrictions. Les trois dernières sont moins contestables.