Réponse

Paris, 23 janvier 1786.

J'ai reçu, mon cher monsieur, l'honneur de la vôtre du 11 janvier, par laquelle je vois avec plaisir l'intérêt que vous prenez à l'art de la confiturerie, qui de tout temps a été portée au degré qu'elle exige; mais comme le palais augmente journellement de délicatesse, il est difficile d'enrichir cette partie au gré des amateurs.

Indistinctement me rappelez-vous l'effet qu'a produit mon prospectus au cabinet littéraire de votre ville j'ai tout lieu d'en être convaincu par la demande extraordinaire que vous me faites des objets y rappelés.

Je me permets un moment d'entretien sur les réflections obligeantes de votre zèle à retourner le pastillage, le papillotage et le marronage, que j'ai effectivement omis vu que cette partie est trop commune pour en faire un préambule.

Je ne m'étendrai point sur la décision du minotaure, qui à ce qui me paroît vous est plus connu que le minautore, je remet cette décision aux hommes de lettres ainsi que celle du royaume de Crète; je me bornerai seulement à vous satisfaire sur la délicatesse des objets que j'annonce en détruisant sans réflections vos soupçons sur mes quatre bonbons dont vous me parlez.

Le premier (ditte vous) n'amuse ni ne diverti, je le croit en effet pour de certaines personnes, mais du moins ne dégout-il point ceux qui en font usage.

Le second paroit vous être douteux à rappeller un souvenir au profit des malheureux captifs; si cela est (dite vous) vous vous engagerez formellement à en prendre jusqu'à la concurrence de 3 liv. de France; il paroit, mon cher monsieur, que vous êtes disposé à en rappeller un souvenir à tous vos amis, car pour le prix je pourrai vous en céder jusqu'à la concurrence d'une demi-livre.

Vous me demandez un recueille de mes devises ainsy que de mes pistaches portugaises que j'ai annoncées inimitable jusqua présent non par la forme, mais par la délicatesse, j'aurai soin de contenter vos desirs au moment du tirage de l'imprimeur.