Et mettant la majoline sous son bras, elle fit le geste de sortir.

—Pardon, Madame, excusez-moi. Je ne puis vous laisser ma boîte si bon marché. Donnez-moi, au moins, quelques sous de plus... pour m'acheter du tabac!

—Hum! (et Floche se tourna vers Avertie). Qu'en pensez-vous, chère amie? Cette affaire crasseuse vaut-elle un supplément? Le tiroir est-il intact? Regardez, vous qui avez l'œil... et le bouton? de l'époque?

—Le bouton? Il est charmant, tout ciselé, il vaut bien à lui seul les cinq francs.

—Bravo, bravo!

Alors, s'adressant au marchand:—Eh! bien, mon ami, votre boîte me plaît, je consens au supplément de tabac; emballez-la-moi et vous, Peintre... donnez quelques cigarettes à Môssieu.

Le peintre offrit un paquet et Floche, pendant que tous lui tournaient le dos, s'adjugea subrepticement un bout de galon qu'elle dissimula dans l'ouverture de son gant.

Rentrés à l'hôtel, il leur fallut refaire paquets et valises.

—Jamais, jamais, pleurnichait Floche, je ne viendrai à bout de ma pharmacie. Je vous le disais bien, on ne peut pas se passer de femme de chambre en voyage. Baptistine m'avait arrangé tout cela trop bien... une vraie mosaïque. Que voulez-vous que je devienne à présent? Je suis tellement empotée. Si, au moins, vous vouliez m'aider. Mais vous êtes une pure égoïste; comme toutes les femmes heureuses, vous ne pensez qu'à vous-même! Si vous ne m'aidez pas, je serai obligée d'emporter tout ça dans les mains.