Nous allâmes nous promener dans le verger, visiter les attenances du presbytère.
Toute la journée, l’abbé m’étala, non sans complaisance, ses pauvres trésors champêtres. Puis, pendant qu’il lisait son bréviaire, je marchai, solitairement, dans les environs, respirant l’air vivace et pur avec délices. Maucombe, à son retour, s’étendit quelque peu sur son voyage en terre sainte; tout cela nous conduisit jusqu’au coucher du soleil.
Le soir vint. Après un frugal souper, je dis à l’abbé Maucombe:
—Mon ami, l’express part à neuf heures précises. D’ici R***, j’ai bien une heure et demie de route. Il me faut une demi-heure pour régler à l’auberge en y reconduisant le cheval; total, deux heures. Il en est sept: je vous quitte à l’instant.
—Je vous accompagnerai un peu, dit le prêtre: cette promenade me sera salutaire.
—A propos, lui répondis-je, préoccupé, voici l’adresse de mon père (chez qui je demeure à Paris,) si nous devons nous écrire.
Nanon prit la carte et l’inséra dans une jointure de la glace.
Trois minutes après, l’abbé et moi nous quittions le presbytère et nous nous avancions sur le grand chemin. Je tenais mon cheval par la bride, comme de raison.
Nous étions déjà deux ombres.
Cinq minutes après notre départ, une bruine pénétrante, une petite pluie, fine et très froide, portée par un affreux coup de vent, frappa nos mains et nos figures.