L’ANNONCIATEUR

A Monsieur le marquis de Salisbury.

«Habal habalim, vêk’hôl habal!»

Schelomo, Qohéleth.

Au faîte des tours tutélaires de la cité de Jébus veillent les guerriers de Juda, les yeux fixés sur les collines.

Au pied des remparts s’étendent, intérieurement, les constructions asmonéennes, les grottes royales, les vignobles encombrés de ruches, les tertres de supplice, le faubourg des nécromans, les avenues montueuses conduisant à Ir-David.

Il fait nuit.

Avoisinant les fosses d’animaux féroces, les cénacles de justice, bâtis sous le règne de Schaôul, apparaissent, blancs et carrés, aux angles des chemins, comme des sépulcres.

Près des canaux de Siloë, le miroir des piscines probatiques reflète les basses hôtelleries aux cours plantées de figuiers: elles attendent les caravanes d’Élamm et de Phénicie.

Vers l’orient, sous les allées de sycomores, sont les demeures des princes de Judée;—aux extrémités des routes centrales, des touffes de palmiers font flotter leurs larges feuilles au-dessus des citernes, abreuvoirs des éléphants.