Le Roi, devinant l’obscure pensée du vieillard, lui toucha le front de son anneau constellé:
—Va!... dit-il.
Helcias disparut dans une fulguration.
Alors Salomon descendit de son trône et marcha vers Azraël.
Et sa tunique de pierreries traînait sur le pelage bigarré des lynx assoupis, sur les glaives sans rayons des guerriers étendus. A travers les groupes des blanches épouses d’autrefois et des négresses habiles dans la science des prestiges, écrasant les guirlandes flétries sous les flammes des torches, que soutenaient à peine les bras affaissés des statues, il s’avançait dans la Salle démesurée où semblaient maintenant sommeiller des souvenirs de siècles passés.
Et la haute stature du Roi-prophète, de l’Époux du Cantique des Cantiques, apparaissait, éblouissante et bleuâtre, au milieu des senteurs amères qui fumaient autour des encensoirs.
Lorsque le Roi fut, enfin, arrivé aux limites de la Salle, il entra sur le parvis solitaire où rayonnait, ayant le sourire des enfants, le Chëroub taciturne.
Le Roi vint s’accouder, en sa tristesse, sur les ruines de la colonne brisée par la foudre; il contempla longuement Azraël. Au-dessous des deux présences, le vent, accouru en toute hâte des mers et des montagnes, entreheurtait convulsivement les rameaux fatidiques du Jardin des Oliviers.
Et Salomon: