O jeunesse, printemps de la vie! Soyez bénis, enfants, dans votre extase! vous dont l’âme est simple comme la fleur, vous dont les paroles, évoquant d’autres souvenirs à peu près pareils à ce premier rendez-vous, font verser de douces larmes à un passant!

LE CONVIVE DES DERNIÈRES FÊTES

A Madame Nina de Villard.

L’inconnu, c’est la part du lion.

François Arago.

Le Commandeur de pierre peut venir souper avec nous: il peut nous tendre la main! Nous la prendrons encore. Peut-être sera-ce lui qui aura froid.

Un soir de carnaval de l’année 186..., C***, l’un de mes amis, et moi, par une circonstance absolument due aux hasards de l’ennui «ardent et vague», nous étions seuls, dans une avant-scène, au bal de l’Opéra.

Depuis quelques instants nous admirions, à travers la poussière, la mosaïque tumultueuse des masques hurlant sous les lustres et s’agitant sous l’archet sabbatique de Strauss.

Tout à coup la porte de la loge s’ouvrit: trois dames, avec un frou-frou de soie, s’approchèrent entre les chaises lourdes et, après avoir ôté leurs masques, nous dirent:

—Bonsoir!