—Une lettre!—Déjà! m’écriai-je, oubliant mon histoire. C’est de mon père. Comment cela?—Mon cher abbé, vous permettez que je lise, n’est-ce pas!

—Sans doute! dit l’abbé Maucombe, perdant également l’histoire de vue et subissant, magnétiquement, l’intérêt que je prenais à la lettre:—sans doute!

Je décachetai.

Ainsi l’incident de Nanon avait détourné notre attention par sa soudaineté.

—Voilà, dis-je, une vive contrariété, mon hôte: à peine arrivé, je me vois obligé de repartir.

—Comment? demanda l’abbé Maucombe, reposant sa tasse sans boire.

—Il m’est écrit de revenir en toute hâte, au sujet d’une affaire, d’un procès d’une importance des plus graves. Je m’attendais à ce qu’il ne se plaidât qu’en décembre: or, on m’avise qu’il se juge dans la quinzaine et, comme, seul, je suis à même de mettre en ordre les dernières pièces qui doivent nous donner gain de cause, il faut que j’aille!... Allons! quel ennui.

—Positivement, c’est fâcheux! dit l’abbé;—comme c’est donc fâcheux!... Au moins, promettez-moi qu’aussitôt ceci terminé... La grande affaire, c’est le salut: j’espérais être pour quelque chose dans le vôtre—et voici que vous vous échappez! Je pensais déjà que le bon Dieu vous avait envoyé...

—Mon cher abbé, m’écriai-je, je vous laisse mon fusil. Avant trois semaines je serai de retour et, cette fois, pour quelques semaines, si vous voulez.

—Allez donc en paix! dit l’abbé Maucombe.