Mais—bientôt—ce fut comme si un dieu eût passé!—Redressant sa haute taille sur la marche suprême de l’autel:

—«Vice-rois, vizirs et sowaris du Habad, cria-t-elle de cette voix connue dans les mêlées et que répercutèrent toutes les colonnades du sombre édifice—vous avez décidé la mort d’un prince, héritier du trône de Séür, depuis la mort de Sinjab, mon époux royal: vous avez condamné à périr Sedjnour et, aussi, sa fiancée Yelka, princesse de cette riche région, soumise, enfin, par nos armes!—Les voici!

«Récitez la prière pour les ombres généreuses, qui, dans l’abîme de l’Esprit, s’efforcent vers le Çwargâ divin!—Chantez, pour elles, guerrières, et vous, ô chers guerriers! l’hymne du Yadjnour-Vêda, la parole du Bonheur! Que l’Inde, sous mon règne, hélas! enfin à ce prix pacifiée, refleurisse, à l’image de son lotus, l’éternelle Fleur!... Mais qu’aussi les cœurs se serrent de ceux dont l’âme est grave: car une grandeur de l’Asie s’est évanouie sur cette pierre!... La sublime race d’Ebbahâr est éteinte.»

L'Amour suprême

Les cœurs chastes diffèrent des Anges en félicité, mais pas en honneur.

St-Bernard.

Ainsi l’humanité, subissant, à travers les âges, l’enchantement du mystérieux Amour, palpite à son seul nom sacré.

Toujours elle en divinisa l’immuable essence, transparue sous le voile de la vie,—car les espoirs inapaisés ou déçus que laissent au cœur humain les fugitives illusions de l’amour terrestre, lui font toujours pressentir que nul ne peut posséder son réel idéal sinon dans la lumière créatrice d’où il émane.