1º Les résultats de nos longues et patientes investigations paraissent établir, sans conteste, l’existence d’une nouvelle force liée à l’organisme humain et que l’on peut appeler Force psychique.

2º Tout homme serait plus ou moins doué de cette force secrète, d’une intensité variable, pouvant être développée, et, par suite, agir, soit à volonté, soit pendant son sommeil, soit contre son gré, soit à son insu, sans le secours d’aucuns mouvements, ni de communications physiques, sur des êtres ou des objets quelconques, plus ou moins éloignés. »

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Telles sont les affirmations et conclusions extraordinaires jusqu’à présent notifiées par l’illustre savant anglais et contresignées de noms considérables. Il y a lieu d’espérer que son livre va nous révéler les curiosités nouvelles de ses recherches positives. Cette force projective de soi-même expliquerait presque, déjà, les milliers de cas problématiques racontés par l’Histoire — et certains phénomènes opérés, paraît-il, de nos jours, au dire des Européens, par les fakirs hindous. Les faits de sorcellerie, de vampirisme, d’envoûtements, de spiritisme, de lycanthropie, d’évocations, etc., relèveraient désormais de l’autorité scientifique et seraient démontrés par des expériences plus ou moins régulières.

Pour ce qui est d’entrer, par la médiation de ce fluide, en un rapport quelconque avec ces entités vives, incorporelles pour nos organes grossiers et qui, sans doute, continuent la chaîne des espèces, au delà de l’humanité, dans des milieux invisibles autour d’elle, on ne peut encore se prononcer sur ce point. — Un grand nombre de personnes prétendent entretenir, grâce à cette force, des correspondances avec des êtres disparus, et pénétrer, par elle, jusque dans les domaines de la Mort... C’est une question qui, excédant le point de vue scientifique, est déjà jugée, ne varietur, à un autre point de vue, par des hommes qui s’appellent saint Augustin, saint Grégoire de Nazianze, saint Louis et saint Thomas d’Aquin.

— Au fait, et le chrétien ?... nous dit-on ; que va-t-il penser de ces fantasmagories inquiétantes, — de cette... divinité pour tous ?

Le chrétien, quoi que puissent lui « écrire » d’apocryphes ou réels fantômes, est prémuni à tout jamais. L’Art d’évoquer les morts en vingt-cinq leçons n’a aucune prise sur lui. Peu lui importent ces sombres commérages. Les révélations du Transformisme ne lui semblent que des tentations misérables. — Diverses paroles précises, formelles, de l’Evangile, lui suffisent, qui déclarent cette vie aussi sérieuse que définitive. « Voici la Nuit où personne ne travaille plus ; — Où sera tombé l’arbre, il restera ; — Les enfants du siècle feront des prodiges capables de surprendre les Anges : ne vous laissez pas séduire ; — Celui qui veut sauver sa vie la perdra : celui qui veut la sacrifier, pour l’amour de moi, la retrouvera, car je suis la porte, la voie, la lumière, la vérité, la vie : nul n’entre que par moi dans la Vie-éternelle. » Tels sont les dogmes immuables, divins, au sens infini.

Les étoiles passeront, ces paroles jamais.

Quelque illusionnantes que puissent donc être les ressemblances revêtues par les démons mixtes dont parle saint Paul, il ne s’agit pas de cela pour le chrétien. Il ne saurait se laisser troubler en rien par des phénomènes dont l’esprit lui est et lui sera toujours étranger. Il répond d’avance, comme hier, comme demain, avec le plus paisible sourire :

— Nous sommes à l’auberge et ne regardons qu’avec peu d’attention les curiosités qui viennent s’exhiber dans la salle commune.