Et, comme je me penchai sur la décédée,—avec une frénétique rage d'énergumène et de sacrilège—pour examiner encore le spectacle exécrable qui me fascinait, l'ophtalmoscope s'échappa de mes mains à l'aspect des traits de la morte; lui ayant, précipitamment, soulevé la tête, un grand frisson me glaça: je voyais deux larmes jaillir et couler lentement, lourdement, sur les joues livides.
Et la Mort commença, voilant l'Impénétrable, à rouler ses ombres profondes sur ces Yeux.»
ÉPILOGUE
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LES VISIONS MERVEILLEUSES
DU Dr
TRIBULAT BONHOMET
«Je ne disputerai pas toujours, dit l'Éternel.»
ISAIE. CII. LXVII, V. 12.
A Monsieur Émile PIERRE.
Les journaux français ont ébruité—comme toujours, à la légère,—la nouvelle (heureusement aujourd'hui controuvée) du subit décès de notre illustre ami, le docteur Bonhomet, dont les thèses récentes, notamment celles intitulées: De l'influence de la cantharide sur le clergé de Chandernagor et De la réhabilitation de Saint Vincent de Paul,—et, surtout, De la laïcisation du Souverain-Pontife,—ont soulevé, au cours du dernier semestre, tant de scandaleuses polémiques.
Voici, ramenés à leurs justes proportions, les faits.
Bien que plus de vingt ans se fussent écoulés depuis l'effroyable saisissement que Mme Claire Lenoir lui avait causé «avec ses yeux d'infini après décès», cette hallucination,—sur l'exacte nature de laquelle on ne peut guère se prononcer,—avait augmenté jusqu'à l'hypocondrie l'intensité de l'organique névrose du docteur.
Les attaques d'affres étaient devenues chroniques. Si bien qu'ayant ému de ses doléances la Faculté de Paris, l'une de nos sommités, pour se défaire de ses instances, lui avait conseillé le «lait humain» comme palliatif, sinon même comme sédatif.