— Mais, ma chère Laure, voyant ce que j'enfonçais à Lucette, cela ne t'a-t-il pas donné l'idée de t'enfoncer le doigt?
— Non, cher papa, je n'en ai pas seulement eu la pensée.
— Prends garde, Laurette, de m'en imposer. Tu ne peux me cacher ce qui en est; viens me faire voir si tu as été sincère…
— De tout mon coeur, cher papa… Je ne t'ai rien déguisé.
Il me donna pour lors les noms les plus tendres. Nous passâmes dans sa chambre et, m'étendant sur le lit de repos, il me troussa et m'examina avec beaucoup d'attention; puis, entrouvrant un peu les bords de ma fente, il voulut y mettre le petit doigt. La douleur qu'il me faisait, annoncée par mes plaintes, l'arrêta.
— Elle est tout enflammée, ma chère enfant; je vois cependant que tu ne m'as pas trompé: sa rougeur vient sans doute du frottement auquel tu t'es amusée pendant que j'étais avec Lucette…
J'en convins, et je lui avouai même que je n'avais pu me procurer le plaisir que je cherchais. La sincérité de ma bouche fut récompensée d'un baiser de la sienne. Il la porta même, et fit frétiller sa langue, sous un endroit qui en éprouvait une sensation délicieuse. Ce genre de caresse me parut neuf et divin, et, pour porter l'enchantement à son comble, ce membre que j'avais vu parut à mes yeux; je le pris involontairement d'une main, et, de l'autre, j'écartai tout à fait la robe de mon père: il me laissa faire. Je tenais et voyais enfin de près ce bijou charmant que j'avais déjà si bien distingué entre les cuisses de Lucette. Que je le trouvais aimable et singulier! Je sentis dès ce moment qu'il était le véritable mobile des plaisirs. Cette peau, qui haussait et baissait par les mouvements de ma main, en couvrait et découvrait le bout; mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque, après quelques moments de ce badinage, je le vis répandre la liqueur dont les fesses de ma bonne avaient été inondées. Il y mêlait des transports et des redoublements de caresses que je partageais. Le plaisir produisait en moi l'effet le plus vif. Bientôt, il passa dans mes sens et y mit une émotion indicible. Sa langue continuait son exercice, j'étais suffoquée…
— Ah! cher papa, achève!… holà! je me meurs!… Je me pâmai dans ses bras.
Depuis ce temps, tout fut pour moi une source de lumières; ce que je n'avais pas conçu jusqu'alors se développa dans l'instant. Mon imagination s'ouvrit entièrement; elle saisissait tout; il semblait que l'instrument que je touchais fût la clef merveilleuse qui ouvrit tout à coup mon entendement. Je sentis alors cet aimable papa me devenir plus cher, et ma tendresse pour lui prendre un accroissement incroyable: tout son corps fut livré au plaisir dans mes mains; mes baisers et mes caresses sans nombre se succédaient sans interruption, et le feu qu'elles excitaient en lui m'animait à les multiplier.
Il me ramena dans ma chambre, où ma bonne revint quelques instants après. Je ne prévoyais pas ce qu'il allait lui dire: