Un philosophe déiste du dix-huitième siècle, dans ses Commentaires sur la Bible, s’est permis de calomnier ce passage de la Genèse, en disant que «cela supposait qu’il y avait déjà un langage très abondant, et qu’Adam, connaissant tout d’un coup les propriétés de chaque animal, exprima toutes les propriétés de chaque espèce par un seul mot, de sorte que chaque nom était une définition»; et s’armant de l’arme du ridicule, si mortelle entre ses mains, il ajouta dans son délire «qu’il était triste qu’une si belle langue fût entièrement perdue; que plusieurs savants s’occupaient à la retrouver et qu’ils y auraient de la peine.»
Mais si cet orgueilleux eût été rempli de foi, il eût admiré le plus ce qu’il comprend le moins et se fût aisément convaincu que si notre premier père donna à chaque animal son vrai nom, c’est que, créé dans un état de pure innocence, il avait reçu de Dieu, au rapport de saint Thomas (Quæst., 94, art. 3), la science la plus parfaite et la connaissance de toutes les choses de la nature; que sur l’ordre de Dieu même, Adam avait imposé à tous les animaux le nom qui leur était propre; d’où il suit qu’il connaissait parfaitement la nature de ces animaux. En effet, les noms véritables doivent être en harmonie avec la nature des choses. (Saint Chrysost., Hom., 14, in Gen.)
Cependant, sans comprendre clairement et fixement l’essence divine, Adam, beaucoup plus que nous, en a eu une haute et parfaite connaissance. (Saint Thomas, Quæst., 94, art. 1).
Voilà une explication lumineuse d’un passage de la Bible vraiment extraordinaire, qui doit confondre la raison de tous les incrédules.
IV.—«Mais le savant Sanchez...» Pour donner un échantillon du profond savoir et de la délicatesse du révérend Sanchez, jésuite et casuiste très versé dans la controverse, voici quelques-unes de ces questions sur lesquelles il s’est sérieusement évertué et qu’il a proposées à résoudre pour l’édification de ses lecteurs et à la très grande gloire de Dieu.
Il demande:
Utrum liceat extra vas naturale semen emittere?
De altera femina cogitare in coitu cum sua uxore?
Seminare consulto, separatim?
Congredi cum uxore sine spe seminandi?
Impotentiæ tactibus et illecebris opitulari?
Se retrahere quando mulier seminavit?
Virgam alibi intromittere dum in vase debito semen effundat?
Il discute:
Utrum Virgo Maria semen emiserit in copulatione cum Spiritu Sancto?
Et il assure: