On n'entend plus les gémissements.

—Femme, as-tu fini ton travail?

—Il me manque quelques points à cette chemise, quoique nous ayons prolongé la veille bien tard.

—Moi aussi, je n'ai pas fini un chapitre commencé. Profitons des dernières lueurs de la lampe; car il n'y a presque plus d'huile, et achevons chacun notre travail ...

L'enfant s'est écrié:

—Si Dieu nous laisse vivre!

—Ange radieux, viens à moi: tu te promèneras dans la prairie, du matin jusqu'au soir: tu ne travailleras point. Mon palais magnifique est construit avec des murailles d'argent, des colonnes d'or et des portes de diamants. Tu te coucheras quand tu voudras, au son d'une musique céleste, sans faire ta prière. Quand, au matin, le soleil montrera ses rayons resplendissants et que l'alouette joyeuse emportera, avec elle, son cri, à perte de vue, dans les airs, tu pourras encore rester au lit, jusqu'à ce que cela te fatigue. Tu marcheras sur les tapis les plus précieux; tu seras constamment enveloppé dans une atmosphère composée des essences parfumées des fleurs les plus odorantes.

—Il est temps de reposer le corps et l'esprit. Lève-toi, mère de famille, sur tes chevilles musculeuses. Il est juste que tes doigts raidis abandonnent l'aiguille du travail exagéré. Les extrêmes n'ont rien de bon.

—Oh! que ton existence sera suave! Je te donnerai une bague enchantée; quand tu en retourneras le rubis, tu seras invisible, comme les princes, dans les contes des fées.

—Remets tes armes quotidiennes dans l'armoire protectrice, pendant que, de mon côté, j'arrange mes affaires.