Vous m’êtes en dormant un peu triste apparu.

J’ai craint qu’il ne fût vrai, je suis vite accouru,

Ce maudit songe en est la cause.

[35] Voir le [P.-S.] à la fin du volume.

Et je finirai cette hâtive nénie par un dernier mot de Verlaine prononcé peu d’heures avant de mourir, mot mystérieux et oraculaire, éclairé déjà du jour de l’au-delà par celui qui connaîtra une fois de plus et prouvera l’exactitude du vers consolant:

Sur la pierre des morts croît l’arbre de grandeur.

Verlaine agrippait déjà ses couvertures du geste significatif caractérisé par l’expression antique «Stragulæ vestis plicaturas» et il murmura ces mots, comme écartant de dessus son lit un trop lourd faix invisible: «Otez, ôtez-moi toutes ces couronnes!»

Des couronnes, il s’en nouera quelques-unes pour lui dans le présent; combien et de toujours plus belles à venir, en immarcessible laurier, et de véritables immortelles!

Entre de plus modestes fleurs se tressa le tendre poème qui suit, dont le feston devait enguirlander un tombeau du Poète. Ce volume n’a pas paru; et sans que j’aie pu recouvrer mon manuscrit qui n’était pas double. C’est donc de mémoire que j’en rassemble les bouquets épars, pour les disperser de nouveau, incomplètement effeuillés au-devant d’une chère Mémoire: