Aux sons d’une musique mahométane

Font litière aux sept péchés de leurs cinq sens.

On a goûté, non sans raison, le Couplet des cheveux, dans le Pelléas et Mélissande de M. Mæterlinck. Relisez, dans le cinquième chant de Nerto, les adieux de la Nonne à sa chevelure.

Et, pour conclure hâtivement sur un sujet qui requerrait bien des pages, que de pittoresques et poétiques expressions au cours de l’œuvre du chantre de Maillane: cette volée d’évêques au mariage du roi; et, dans la bagarre du cimetière, ces combattants qui jouent aux barres parmi les sépultures. Puis la colonnade à front divinde cette forêt qui embaume—et lui tisse un manteau de calme, qui nous mène au magnifique morceau sur les arbres sacrilègement émondés, que dut tant admirer Michelet, avocat de la même cause de nature dans sa Montagne.

Eux, solennels chalumeaux—que l’air, à plein gosier—fait chanter comme des orgues,—eux, riches et bons, qui versent la fraîcheur et l’ombre—depuis des ans qui ne se nombrent,—eux, chevelure sombre—de la terre, et parrains des sources et des fontaines...—Laissez-les vivre!

Quel autre poème que La Mort du loup se pourrait, par exemple, comparer à la fin du Vieux Moissonneur, qui, debout dans son blé et mûr comme lui pour la récolte suprême, se voit fauché avec ses épis en un coup de faux aveugle et imprudent?... Le vieux moissonneur, mourant et mutilé, qui s’écrie: «Peut-être que le Maître, Celui de là-haut,—voyant le froment mûr, fait sa moisson.—Allons, adieu! moi, je m’en vais tout doucement...—Puis, enfant, quand vous transporterez la gerbe sur la charrette,—emportez votre chef avec le gerbier.»

Et le Blé lunaire, cette ballade à la lune, sans le vif esprit de celle de Musset, combien n’est-elle pas plus exquise! Voici,—non certes une version, mais une interprétation de cette enchanteresse mélopée, intraduisible au cours berceur de ses deux rimes, tour à tour paresseuses et cristallines:

LE BLÉ LUNAIRE

La lune mi-pleine

Dévide