[23] Victor Hugo seul, spécialement dans son superbe sonnet à Mme Judith Gautier, en a fait un titre aussi vraiment royal.

[24] La Reine Marie-Amélie.

Puisse mon travail d’aujourd’hui faciliter la suite que je lui désire, de par cette classification[25] que je revendique, et que je crois utile et bonne; elle n’était guère plus aisée que celle dont parle le conte de fées, de ces duvets de mille couleurs emplissant une chambre, et qu’il s’agissait de répartir et de trier. La princesse y parvint pourtant; non, à vrai dire, sans des secours féeriques, qui, je crois bien, ne m’ont pas fait défaut. Les fées existent toujours. C’est un blasphème que de n’y point croire. Elles s’en vengent en ne secondant que ceux qui les en prient.

[25] Effectuée avec la plus minutieuse application dans un mien précédent travail, trop long pour être ajouté à cet essai.

Le temps, je le répète, qui sculpte et polit, selon leur dureté et leur beauté, ce que nous lui laissons de nos œuvres, ainsi que le flot fait des rocs et des falaises, respectera, chaque jour davantage, l’œuvre dont nous nous entretenons. Il le témoignera en en déblayant les entours et facilitant les approches, quand il aura découvert et compris que ce qu’il prenait pour une fragile et friable grève était un marbre, et que ce marbre fût ciselé par la nature et l’art associés, à l’égal d’un de ces monuments aux si capricieuses arabesques, qu’ils ne paraissent point bâtis de main d’homme, mais éclos, en une nuit, de quelque rêve, en guise de palais d’Aladin.

Mais s’il fallait qu’un détestable et imprévu désastre détruisît l’œuvre en n’en laissant subsister que les parcelles que je vous soumets, l’avenir, je n’en doute pas, se pencherait sur elles, tout comme nous faisons sur les vers isolés de ce Publius Syrus et de cette Sapho qui avaient écrit tant de mimes et de poésies dont il ne reste que des débris et des fragments pareils à des pulvérisations d’étoiles.

Ma collection, c’est un herbier—immarcescible. Je l’ai fait sans presque y songer, aux coups pressés d’une lame émue qu’annotent, les touches rapides d’un crayon sensible de fasciné. Plus d’ordre et de mesure, de pause et de dosage dans le choix sont malaisés et dangereux devers cette poésie fugace, et risquent toujours l’excès ou le manque. La fleur se fond en rosée ou s’enfuit en papillon.

J’éclos pour m’envoler et je risque mes ailes!

C’est ma cueillette. Le massif, qui est une forêt mouillée, de combien de larmes! peut fournir cent autres bouquets renouveaux et surdivers au gré du style qui rédige et du cœur qui dirige.

Oui ce sont fleurs dont la sève est de sang et le rorate de larmes. Pleurs et Fleurs dont l’inconscient virtuose n’a su oser que partiellement le magnifique titre, devrait être celui de son édition ne varietur. A cette double source, le reproche encouru de monotonie n’est-il pas vain? Le chacun son métier, pour notre ouvrière se résolvait en larmes.