«Mon cher poète,

«Je vous remercie d’avoir songé à me convier personnellement à la fête triomphale de la chère et grande Marceline; je vous félicite du succès de l’effort que, tout seul, vous avez fait pour elle, et puisque vous voulez bien la désirer, vous pouvez compter sur ma présence.—Mais ce que je dirai ne sera point de moi; je sollicite la joie et la gloire de lire l’admirable page que Charles Baudelaire a consacrée à Desbordes-Valmore; cette lecture, je crois, ne sera pas déplacée, le jour de votre belle fête, car elle prouvera que, s’il a fallu attendre pour la glorification publique de Marceline, son culte intime n’avait du moins jamais été aboli dans l’âme des poètes de l’âge précédent.

«Recevez encore, mon cher poète, mes plus vives félicitations.»

De M. Paul Bourget:

«Je reçois, cher ami, l’invitation que vous m’avez gracieusement fait envoyer.

«Je vous souhaite pour la fête du 13 qui fait tant d’honneur à votre amour des lettres assez de ciel bleu pour qu’il y ait de l’azur autour du buste de Marceline.»

De Georges Rodenbach, un des plus tendres fervents de cet autel privilégié, ces lignes datées de Knocke-sur-Mer, par Bruges:

«Mon cher ami,

«Tout chagrin en pensant que vous serez avec Elle, lundi, et que je serai loin d’elle et de vous. La distance est grande qui nous sépare ici. Je ne pourrai donc être qu’en pensée et en cœur ému avec vous, mon cher ami, dont c’est l’honneur, et le restera, d’avoir intronisé et réalisé la canonisation de la très grande sainte de l’art.

«Dans le solitaire village de mer où je viens travailler, l’été, j’irai dimanche entendre la messe pour Elle, une de ces messes de campagne où il y a des sanglots d’orgue et des voiles blancs de congréganistes en procession dans le cimetière. Et ces choses seront tout à fait elle-même! Et quand l’hostie s’élèvera à la consécration, elle sera son propre cœur, qui fut aussi de blancheur infuse avec du sang dedans!