Judith Gautier, artiste au superbe talent,

Fille de Théophile, ah ! je la vis sur l’Èbre :

Elle était magnifique et bonne en souriant.

L’Èbre me fait, je l’avoue, un peu loucher. Madame Gautier est casanière, elle va de la Rue de Berri à Saint-Enogat, sans beaucoup de détours. Or, Logrono, Tortose, Saragosse sont des cités trop soucieuses de leur décorum, pour laisser inaperçu le passage d’une Académicienne. Alors, pourquoi l’Èbre ? — Peut-être, après tout, l’auteur des Poupées a-t-il simplement voulu dire : le ruisseau de la Rue du Bac. Il plaisait à Delphine et peut bien refléter Judith. A moins que ce ne soit encore un méfait de la rime et, par suite, de la frime. Dans ce cas, la chose rentre dans ce que d’Aurevilly appelait blaguer.

Je reproche un peu d’indifférence à la Josselinaise. Une Sicilienne, qui lui parle de « l’ensevelissement de ses espérances », reçoit d’elle cette réponse plutôt détachée :

Il n’y faut plus penser, prenez de ce café.

Plus loin, ce vers, du moins plein de fraîcheur :

Madame, avez-vous soif ? Prenez de l’eau de Seltz.

A la fin, les choses s’arrangent et toute la troupe réconciliée se donne rendez-vous « chez Bronne ».

Chez Bronne… attendez donc… voilà un nom qui ne m’est pas complètement inconnu[14].