Pour n’être pas certain;

Allons! Et dans la nuit tournons nos yeux en larmes

Vers le soleil lointain.

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Distraite de souffrir pour saluer votre âme,

Voilà mon âme: elle est où vous souffrez, Madame.

Puisse mon travail d’aujourd’hui faciliter la suite que je lui désire, de par cette classification que je revendique, et que je crois utile et bonne; elle n’était guère plus aisée que celle dont parle le conte de fées, de ces duvets de mille couleurs emplissant une chambre, et qu’il s’agissait de répartir et de trier. La princesse y parvint pourtant; non, à vrai dire, sans des secours féeriques, qui, je crois bien, ne m’ont pas fait défaut. Les fées existent toujours. C’est un blasphème que de n’y point croire. Elles s’en vengent en ne secondant que ceux qui les en prient.

Le temps, je le répète, qui sculpte et polit, selon leur dureté et leur beauté, ce que nous lui laissons de nos œuvres, ainsi que le flot fait des rocs et des falaises, respectera, chaque jour davantage, l’œuvre dont nous nous entretenons. Il le témoignera en en déblayant les entours et facilitant les approches, quand il aura découvert et compris que ce qu’il prenait pour une fragile et friable grève était un marbre, et que ce marbre fut ciselé par la nature et l’art associés, à l’égal d’un de ces monuments aux si capricieuses arabesques, qu’ils ne paraissent point bâtis de main d’homme, mais éclos, en une nuit, de quelque rêve, en guise de palais d’Aladin.

Mais s’il fallait qu’un détestable et imprévu désastre détruisît l’œuvre en n’en laissant subsister que les parcelles que je vous soumets, l’avenir, je n’en doute pas, se pencherait sur elles, tout comme nous faisons sur les vers isolés de ce Publius Syrus et de cette Sapho qui avaient écrit tant de mimes et de poësies dont il ne reste que des débris et des fragments pareils à des pulvérisations d’étoiles.

Ma collection, c’est un herbier—immarcescible. Je l’ai fait sans presque y songer, aux coups pressés d’une lame émue qu’annotent les touches rapides d’un crayon sensible de fasciné. Plus d’ordre et de mesure, de pause et de dosage dans le choix sont malaisés et dangereux devers cette poësie fugace, et risquent toujours l’excès ou le manque. La fleur se fond en rosée ou s’enfuit en papillon.