Une dernière réflexion pour finir:
D’abord disons que ce qui précède n’a trait absolu qu’à l’édition Lemerre, et que les extraits en sont prélevés; cette édition étant, jusqu’à ce jour, la seule sur laquelle se puisse exercer une vue d’ensemble un peu intégrale. En cela, nous devons trop à son éditeur pour pouvoir que le remercier. Nonobstant, et grâce à ce zèle communicatif qu’engendre l’œuvre de Madame Valmore, il y a lieu de croire que les éditeurs aussi se relaieront dans le futur pour assurer toujours plus d’ampleur et d’envergure au geste entier de la poëtesse.
Mais il sied aujourd’hui de constater un fait: l’édition n’est pas complète. Et puisque le bon goût qui y présida ne fait pas de doutes et que, d’autre part, d’importants fragments, voire de fort belles pièces en sont absents, il y a lieu d’attribuer cette lacune à une émotion filiale éliminant de parti-pris tout ce qui lui semblait trop avoisiner cette double flamme; d’abord la passionnelle, déterminante de tout cet embrasement; puis la purifiante par le feu scrupuleux et sacrilège de quelque vengeur enfer de vertus:
Expiant, Dieu le veut, le nom de ta maîtresse.
et
Je vois le Purgatoire au fond de ma pâleur
voilà les deux notes qu’il s’agit, sinon d’étouffer, d’assoupir du moins.
Qu’un pareil ange, selon le mot de M. Verlaine se montre plus ou moins timoré, bourrelé même, ce n’est qu’une aile de plus dont la candeur et la splendeur (plutôt que se voiler de silence imprudent et de réserves irrévérencieuses) doivent éclater en la pleine lumière de ce feu, lui-même générateur de tout ce buisson ardent, et si solidaire de l’amour divin qu’il ne saurait que refleurir et tout droit, en paradis.
Seigneur qui n’a cherché votre amour dans l’amour
et jusqu’à ce radieux blasphème