Elle ajoutait que la plupart des grandes vedettes de la Mondanité d’aujourd’hui n’auraient pas osé prétendre à lire leur nom dans un compte rendu, il y a seulement quinze années.

Sur ce, le Timon femelle concluait par une évocation à la fois pathétique et comique, des ruines de la Société Parisienne, parcourue par sept femmes, qu’elle nommait (Mesdames P... B... C... M... M... de F... et de P...), lesquelles, armées de lanternes sourdes, cherchaient, non pas seulement, comme Diogène, un homme, mais un Duc.

Et comme il n’y en avait plus beaucoup, du moins d’authentiques, les sept lanternes se fixaient à la fois sur le même; et comme c’en était un vrai, qui se montrait bon garçon, les sept lanternes crépitaient de plaisir.

Et s’inspirant du titre d’un drame antique, Les Sept devant Théba, l’Étrangère appelait ces dames: les sept devant... (suivait le nom Ducal.)

Heureusement, depuis longtemps, on n’écoutait plus; Mademoiselle, dégrisée de ses considérations, revenait à soi et se retrouvait au bout de ses preuves à l’appui et au fond du parc.

Un arbre magnifique se dressait près d’elle. Des glands se détachaient des rameaux avec un bruit sec. Leur chute résonnait sur le sol comme des larmes dures pleurant un passé trop tôt révolu. La promeneuse solitaire leva les yeux vers les branches; elle eut un sourire attristé et ironique; sa bouche se tordit, comme si le secret du bien et du mal allait en sortir. D’un regard circulaire, elle sonda la solitude et la vérifia. Puis, prenant à témoin le Ciel et la Terre, elle brandit un journal qui se froissait dans sa main, et relatait le séjour d’Édouard VII à Biarritz. Alors, elle s’écria d’une voix sibylline: «Autrefois, les Rois rendaient la justice sous les chênes... et maintenant... ils dînent avec Madame Moore!...»


XXXVI