Quant à Monsieur le Curé, il se déclara flatté du rehaut qu’un tel concours apportait à cet humble obit célébré dans sa paroisse; mais, d’une part, l’exception pouvait créer des jalousies; et de l’autre, une santé (la sienne) qui exigeait des ménagements, s’accommoderait mal d’une récidive aussi sonore; le saisissement causé par un tel mélange du grave et de l’aigu lui ayant, à ce brave desservant, au beau milieu du memento, ce fut son expression, «donné des tranchées».
LVI
Seule, la petite Berthe rencontra sa Gouvernante, dans un corridor, à l’heure des apprêts du départ. Mademoiselle l’embrassa et lui dit son chagrin de n’avoir pu réaliser, avant ces événements, une belle audition de Walt Witmann, à laquelle elle attachait une importance toute particulière; mais qu’elle regrettait surtout de devoir partir sans avoir pu faire interpréter, par sa chère petite élève, le pas de la Joueuse d’osselets, dansant de joie, sur le rivage de Chalcis, en face de la Mer. Cette danse devait être exécutée, pieds et jambes nus. Miss Winter avait, dans cette intention, correspondu avec la Maison Liberty, qui venait d’expédier les paquets.
Et la fillette pleura, en admirant la mousseline de soie.
LVII
Tout le monde était au salon, quand Mademoiselle quitta sa chambre pour se rendre à la gare. Personne ne sortit pour lui dire adieu. Ce qui restait dû de ses appointements lui avait été remis par une femme de service, et dans une enveloppe cachetée. Pas un mot de remerciement n’accompagnait la somme. L’Institutrice répondit par un «solde de tout compte» qu’elle avait signé et déposé parmi des cartes de visites, sur le plateau de Danaos. Ce devoir accompli, elle descendit le perron. Seul, Prosper, le maître d’hôtel, l’accompagna jusqu’à la voiture, en portant les sacs et les skis de la répudiée, à laquelle il souhaita bon voyage. Elle lui glissa un billet de cinquante francs, dans la main, qu’elle serra.