[330] Voy. t. 2, p. 88.

[331] Sur la première femme du duc de Caderousse, voy. ci-dessus, p. [371].

[332] De son premier mariage le duc de Caderousse eut un seul fils, Jacques-Louis d'Ancezune de Cadart de Tournon, duc de Caderousse, qui épousa, avant 1700, Madeleine, fille du marquis d'Oraison.

[333] La bassette étoit un jeu de cartes, un jeu de hasard, comme le hoc ou hocca et le lansquenet. L'abus de ces jeux devint tel que de nombreux arrêts du Parlement, plusieurs édits du Roi et ordonnances de police essayèrent de le combattre.

En 1661, le Parlement porte deux arrêts contre le jeu du hocca; en 1663, contre les académies de jeux en général; en 1666, le Roi lance un édit dans le même but; en 1680, la bassette, introduite en 1674 ou 1675 par l'ambassadeur de Venise Justiniani, est mise en cause pour la première fois devant le Parlement. L'arrêt, daté du 16 septembre, porte: «Comme, outre tous ces jeux de hazard cy-devant défendus, on en a introduit un depuis quelque temps, appelé la bassette, où l'on assure que ceux qui le tiennent ont une certitude entière de gagner avec le temps, et que les pertes faites audit jeu par plusieurs enfants de famille les ont engagez emprunter de l'argent à tel denier que lesdits particuliers accusez d'usure ont voulu exiger d'eux, ledit procureur général estime estre obligé d'avoir recours à l'autorité de la cour pour faire renouveler les défenses générales prononcées contre tous les jeux de hazard, et encore plus grandes contre ceux qui donneront à jouer chez eux audit jeu de la bassette, et contre ceux qui y joueront.»

D'année en année les mêmes mesures sont renouvelées. Enfin, le 5 janvier 1685, «Sa Majesté, estant en son conseil, a défendu et défend très expressément à tous ses sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de plus continuer à jouer audit jeu de la bassette, soit ès assemblées publiques, dans leurs maisons en particulier, et sous quelque nom et prétexte que ce soit, à peine de trois mille livres d'amende, au payement de laquelle Sa Majesté veut que les contrevenants soient contraints par toutes voies, mesme par saisie et exécution de leurs biens, meubles, chevaux et carrosses.»

On changea le nom du jeu. Le hocca s'appela pharaon ou barbacolle; la bassette devint le pour et contre. Sous ces nouveaux noms les poursuites vinrent encore chercher les joueurs.

En 1679, le Journal des Savants produisit une théorie de probabilité pour le jeu de la bassette: on y voit clairement combien de chances étoient réservées à la friponnerie.

Disons maintenant comment se jouoit le jeu de la bassette: nous expliquerons ainsi différents mots qu'on lira plus loin. «Celui qui taille, lit-on dans le Dictionnaire de Trévoux, se nomme banquier ou tailleur. Il a en main cinquante-deux cartes; ceux qui jouent contre lui ont chacun treize cartes d'une couleur: on les appelle le livre. Après que le tailleur a battu ses cartes, les joueurs découvrent devant eux telles cartes de leur livre qu'ils veulent, sur lesquelles ils couchent de l'argent à discrétion; ensuite le tailleur tourne son jeu de cartes, en sorte qu'il voit la première qui étoit dessous. Après cela, il tire ses cartes deux à deux jusqu'à la fin du jeu: la première de chaque couple ou main est toujours pour lui, et la seconde ordinairement pour le joueur; de sorte que, si la première est, par exemple, un roi, le banquier gagne tout ce qui a été couché sur les rois; mais si la seconde est un roi, le banquier donne aux joueurs autant qu'ils ont couché sur les rois.»

L'alpiou (de l'italien al più) étoit, dit M. Fr. Michel, dans son Dict. d'argot, la marque que l'on faisoit à sa carte pour indiquer qu'on doubloit son jeu après avoir gagné.