Mme de Maintenon, revenant.—Sire, je viens dire à Votre Majesté, que voici deux lettres que je viens de recevoir; l'une est du maréchal de Boufflers, et l'autre m'a été donnée par M. Bontemps pour mademoiselle du Tron: c'est une de ses tantes de Normandie qui lui mande de venir promptement.

Le Roi, d'un air de dépit.—Et l'autre, Madame, que contient-elle? Apparemment vous en savez aussi la substance?

Mme de Maintenon.—Non, Sire, je n'ai osé l'ouvrir; mais je crois que le maréchal se plaint fort de ses soldats qui désertent à tout moment: ce général en a perdu six mille dans Namur[72].

Le Roi.—Depuis un temps vous ne me dites rien que de désagréable.

Mlle du Tron.—Sire, je prends congé de Votre Majesté.

Le Roi.—Où allez-vous, ma belle? demeurez, je vous prie.

Mlle du Tron, après avoir lu sa lettre [la lettre de sa tante].—Sire, je viens de lire la lettre de ma tante qui me mande absolument; Votre Majesté aura la bonté de me laisser aller.

Le Roi, chagrin et trépignant du pied.—Ah! fâcheux contre-temps, ne cesserez vous point de me persécuter.

ENTRETIEN VII.

Le Roi, et le Père la Chaise[73], son confesseur.