Signé: Les Vents et les Zéphirs.

Le Roi, en colère.—Je me soucie fort peu de ces menaces et de leurs impertinents auteurs; je ne veux avoir aucun égard pour les éléments, ils m'ont trop peu favorisé dans cette dernière guerre.

M. de Pontchartrain.—Sire, vous savez que les vents ne sont pas la cause que votre flotte est dans la Méditerranée; c'est la faute d'un ingénieur du parti ennemi, qui a trahi Votre Majesté.

Le Roi.—Je l'avoue, Monsieur; mais cependant, malgré toutes ces raisons, il nous faut de l'argent à quelque prix que ce soit.

M. de Pontchartrain.—Je le sais fort bien, Sire, aussi vos ordres passeront; c'est ce que nous avons arrêté dans notre conseil.

Le Roi.—Je vous en prie, Monsieur, et donnez-moi du repos, je vous serai obligé. Adieu, jusqu'à une autre fois.

M. de Pontchartrain s'en va.

ENTRETIEN XVII.

Le Roi et Mademoiselle du Tron, qui sort du cabinet où elle s'étoit retirée.

Le Roi.—Quel chagrin pour moi, ma belle demoiselle, de ne pouvoir jouir de la liberté qui est si commune aux hommes! toujours fatigué d'affaires, je me vois malgré moi privé de ce doux repos, de cette innocente paix, qui fait tout le bonheur de la vie. Oh! je suis résolu de ne voir plus personne que mon bel enfant, et je défendrai à mes pages et à mes gardes de laisser entrer personne lorsque nous serons ensemble.