Son panégyriste et ami a dit aussi[ [106]: «Si quelque chose pouvait troubler la tranquillité de notre philosophe, c'était l'aspect des désordres publics; c'était la vue du luxe insolent des fripons. Sa franchise alors ne lui permettait aucun ménagement; et comme il louait franchement ce qu'il trouvait louable, il blâmait non moins hardiment tout ce qui lui semblait blâmable. Avec un tel caractère, il ne devait pas avoir de flatteurs: aussi n'était-il point entouré, ainsi que quelques philosophes jaloux de faire parler d'eux, d'une jeune milice bourdonnante, toujours prête à combattre pour les intérêts du chef qui la dirige».

Il ne faut donc le juger que sur ce qu'il a été. On pourra discuter longuement et passionnément ses doctrines et leurs effets. L'appréciation la plus équitable et la plus complète qui ait été donnée sur lui en quelques lignes est encore celle M. Villemain dans sa Littérature au dix-huitième siècle[ [107]:

«Condillac paraît moins vouloir servir une cause que fonder une science; l'objet de cette science étant grand: l'analyse de l'esprit humain. Il y consacra toute sa vie.»

FIN

[ 265]

APPENDICE

[ 266] [ 267]

I
ICONOGRAPHIE DE CONDILLAC

Le département des Estampes de la Bibliothèque nationale, dans son recueil in-fol. no 2, contient treize portraits de l'abbé de Condillac, dont deux en habit de cour. Il y en a un en couleur, reproduisant un portrait peint à Parme par Baldrighi; une gravure, d'après le même artiste, faite par Jo. Volpate; enfin un médaillon d'après le buste de E.-G. Lardy.

Voir: G. Duplessis, Catalogue de la collection des portraits conservés au département des Estampes, t. III, 1898, p. 15.