III
LETTRE INÉDITE DE L'ABBÉ DE MABLY[ [108]
A Monsieur de Bonnot
à Briançon (Dauphiné).
Paris, le 6 janvier 1780.
Je ne puis trop vous dire, Monsieur mon cher cousin, combien je suis reconnaissant de la marque de souvenir ou plutôt d'amitié dont vous m'avez honoré dans ce renouvellement d'année. Les vœux que je fais pour vous et pour Monsieur votre frère sont très sincères et très ardens. Je m'estois flatté de faire encore un voyage en Dauphiné et d'avoir le plaisir de vous embrasser; mais il faut renoncer à cette douce espérance: les années se sont accumulées; un voyage me fait peur, et après cinquante-quatre ans de séjour à Paris, il faut le regarder comme mon pays natal. Mon frère est toujours dans ses terres, ne vient que très rarement ici, et n'y passe que peu de jours; je ne lui laisserai point ignorer vos bontés, et je puis vous répondre d'avance qu'il y sera très sensible. Je vous prie, mon cher cousin, de me conserver votre amitié et d'être persuadé que celle que j'ai pour vous durera autant que moi.
MABLY.
IV
ACTE DE DÉCÈS DE CONDILLAC
Extrait des registres de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Lailly pour l'année 1780.
INHUMATION DE M. ÉTIENNE BONNOT DE CONDILLAC
L'an mil sept cent quatre-vingt, le quatre août, a été inhumé par moi, prieur curé, soussigné, le corps de Étienne Bonnot de Condillac, prêtre, abbé commandataire de l'abbaye de Mureau, membre de l'Académie française, mort le deux, âgé de soixante-six ans.