[3] On lit dans l'Emile, liv. II: «J'ai vu dans un âge assez avancé un homme qui m'honorait de son amitié passer dans sa famille et chez ses amis pour un esprit borné; cette excellente tête se mûrissait en silence. Tout à coup il s'est montré philosophe, et je ne doute pas que la postérité ne lui marque une place honorable et distinguée parmi les meilleurs raisonneurs et les plus profonds métaphysiciens de son siècle.» Rousseau écrivait cette appréciation en 1761 ou 1762.

[4] Confessions, 1re partie, liv. VI.—En outre, deux lettres de Rousseau, l'une de mars ou avril 1740 à M. d'Eybens, l'autre du 1er mai 1740 à Mme la baronne de Warens, donnent ses impressions sur le séjour chez les Mably, à Lyon, rue Saint-Dominique. En voici un extrait: «Madame ma très chère maman, me voici enfin arrivé chez M. de Mably, c'est un très honnête homme, à qui un très grand usage du monde, de la cour et des plaisirs a appris à philosopher de bonne heure, et qui n'a pas été fâché de me trouver des sentiments assez concordans aux siens. Jusqu'ici je n'ai qu'à me louer des égards qu'il m'a témoignés. Il entend que j'en agisse chez lui sans façon, et que je ne sois gêné en rien. Vous devez juger qu'étant livré à ma discrétion, je m'en accorderai en effet d'autant moins de libertés, les bonnes manières pouvant tout sur moi; et si M. de Mably ne se dément point, il peut être assuré que mon cœur lui sera sincèrement attaché...»

[5] Peut-être se rencontrèrent-ils chez Suard qui réunissait les littérateurs débutants et pourvoyait le salon de Mme Geoffrin, avant de devenir le plus pur des réactionnaires.

[6] Garat a écrit dans ses Mémoires: «Je me suis entretenu avec Condillac dans la maison d'Helvétius.»

[7] Lettre de Mably.—Voir à l'Appendice.

[8] Voir, à l'Appendice, son acte de décès tiré des registres paroissiaux de Lailly. Condillac devait être resté en très bonnes relations avec tout le clergé catholique, à voir le nombre assez inusité de prêtres de Beaugency et du voisinage qui assistèrent a ses obsèques. Il y en a jusqu'à sept qui sont cités dans le registre et quelques-uns venaient d'assez loin.

[9] En dehors de l'éloge de Condillac par M. de Loynes d'Autroche, dont nous parlerons plus loin, un autre de ses compatriotes orléanais, l'abbé de Reyrac, prieur-curé de Saint-Maclou, l'auteur du fameux Hymne au soleil, qui devait mourir l'année suivante (21 décembre 1781), composa un Chant funèbre, en vers, sur l'auteur du Traité des sensations. Cette œuvre médiocre se trouve conservée dans un recueil contemporain intitulé: Esprit de Mably et de Condillac, par M. Béranger, citoyen de Toulon, professeur émérite d'éloquence au collège d'Orléans, censeur royal, 1789, in-8o t. II, p. 9.

[10] Essai sur l'origine des connaissances humaines, t. 1er des Œuvres, p. 2.—Nous citons toujours l'édition de Paris 1798, en 23 volumes in-8o. Elle est meilleure que la réimpression en 21 volumes faite en 1821-22 et précédée d'une très médiocre notice de M. A.-F. Théry. Les ouvrages de Condillac, dans le Catalogue général de la Bibliothèque nationale, 1907, t. XXXI, ne comprennent pas moins de sept colonnes.

[11] Introduction à l'Essai, p. 15.

[12] Essai, 1re partie, chap. 1er.