Ouvrage orné d'un portrait en héliogravure

PARIS
ÉMILE-PAUL, ÉDITEUR
100, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 100
Place Beauvau


1906
Tous droits réservés

[ VIII] [ 1]

LES DERNIÈRES ANNÉES DU MARQUIS
ET DE LA
MARQUISE DE BOMBELLES

CHAPITRE PREMIER
1788

Les Bombelles à Versailles.—Journal du marquis.—Mlle de Matignon et l'hôtel de la Vaupalière.—Chez le comte de Montmorin.—M. de Malesherbes et les Loménie de Brienne.—Refus définitif de se marier de Mlle de Rohan-Rochefort.—Le château de Meudon.—Nouvelles extérieures.—La Reine et la duchesse de Polignac.—Nouvelles politiques.—Effervescence des provinces.—Les gentilshommes bretons.—Départ du baron de Breteuil.—Le maréchal de Vaux en Dauphiné.

Dans une précédente étude[ [1], nous avons laissé le marquis et la marquise de Bombelles à Lisbonne et sur le point de regagner la France. Angélique est partie la première avec ses enfants. Au milieu de mai 1788, les affaires de l'ambassade terminées, le marquis investi d'un congé se mettait en route pour Versailles, avec sa sœur de Travanet, et après une traversée sans incidents notables il débarquait aux Sables-d'Olonne. De là la route est encore longue... Il faut s'arrêter à Niort, à Poitiers, où les officiers leur font fête, à Tours et à Blois, que le marquis visite avec conscience. Il aime à décrire dans son Journal[ [2], le «Jardin de la France»; la «Pagode» de Chanteloup, souvenir élevé par Choiseul à ses amis fidèles, que le duc de Penthièvre, nouveau propriétaire du domaine, a tenu à conserver; le château de Blois, dont l'ancien gouverneur, le comte de Breteuil, lui fait les honneurs avant qu'il ne soit métamorphosé en caserne. A Orléans, l'intendant, M. de Chevilly, est venu dîner avec eux, ce qui fait un petit événement, mais les voyageurs ont hâte de terminer leur voyage. Aussi, à Angerville, dernière couchée, maudissent-ils la comtesse de Bourbon-Busset qui arrive des eaux, veut absolument les voir et les retarde considérablement.