(Maniplus florum, sive historia mediolanensis Gualvanei Flammæ,
cap. 206, Rerum italicarum scriptores, tom. XI, p. 651.)
L'imperatore prostrato in terra si lasciò metter il piè su la gola al papa, che disse quel versetto del salmo, Super aspidem et basilicum ambulabo et conculcabo leonem et draconem, alle quali parole risposte l'imperatore, che non aveva ancor doma la sua superbia, Non tibi sed Petro; dove il papa, premendo più forte, soggiunse, Et mihi et Petro.
(Note de Louis Domenichi, sur les Vies des princes de Venise, par Pierre Marcello.)
Il pontefice ritenendo la solita severità, messo sopra il collo di Frederico l'un piede, intrepidamente proferì le parole del salmo, Super aspidem et basilicum ambulabis et conculcabis leonem et draconem, a cui dall'imperatore essendo sdegnosamente risposto, Non tibi sed Petro, gli fù dal pontifice con altretanta grandezza d'animo replicato, Et mihi et Petro. (Historia venetiana da Gio. Nic. Doglioni, lib. II.)
Les mêmes expressions sont mot à mot dans le Livre de Bardi, Vittoria navale, etc.
Il serait facile de multiplier ces citations.
Les autorités contraires sont principalement le 12e tome des Annales ecclésiastiques de Baronius et Georgii Remi J. C. dissertatio quâ commentum esse putidum calcasse collum imperatoris Frederici Ænobarbæ Cæsaris Alexandrum III pontificem romanum ostenditur, etc. Norimberge, 1625, in 4o.
La question de savoir s'il est vrai que le pape ait mis le pied sur la tête de Frédéric a été le sujet d'une thèse soutenue à Nuremberg, en 1625, par George Remus. Cette thèse a été imprimée, et se trouve à la Bibliothèque-du-Roi, à la suite d'un exemplaire de l'histoire du voyage du pape Alexandre III, par Fortunat Olmo.
L'auteur commence par annoncer qu'il veut venger l'honneur de l'empereur. C'est déjà se rendre suspect de partialité; il ne s'agit point ici de l'honneur de Frédéric, mais de l'honneur du pape; car c'est le pape qui a tort, si le fait est vrai.
Remus demande si le prince qui avait soumis toute l'Italie, qui était triomphant, invincible (triumphator magnificentissimus et decus Martis invictissimus), aurait pu souffrir qu'on le foulât aux pieds. D'abord Frédéric n'avait point soumis toute l'Italie; car il n'y possédait que quelques villes dans le nord, et les principales étaient liguées contre lui: il n'était point triomphant; car il avait été obligé de repasser les Alpes, déguisé et accompagné d'une trentaine de ses gens: il était encore moins invincible; car il venait d'être battu par les Milanais, et son fils par les Vénitiens. Remus raconte lui-même cette bataille; et quand Frédéric aurait été vainqueur, pouvait-il prévoir que le pape lui ferait une pareille insulte? Pouvait-il la punir?