L'état général des revenus de la république, que j'ai rapporté ci-dessus (livre 12),
| s'élève à | 996,290 | ducats. |
| Celui-ci ne s'élève qu'à | 945,750 | |
| Ainsi il y a une diminution de | 50,540 |
Mais dans l'intervalle de 1423 à l'année 1469, la république avait acquis les provinces de Brescia, de Bergame, de Crême et de Ravenne, qui sont portées dans le nouvel état pour un revenu net de 85,230 ducats. Et cette acquisition, comme on voit, n'avait point compensé la diminution qu'avaient éprouvée les douanes, les droits indirects de toute nature, les autres impôts, notamment les bénéfices de la caisse des emprunts, qui, de cent cinquante mille ducats, se trouvaient réduits à 27,000.
En dernier résultat, le revenu était:
| Provinces. | Terres maritimes. | Autres revenus. | Total. | |
| En 1423 | 143,970 | 180,000 | 672,320 | 996,290 ducats. |
| En 1469 | 229,200 | 180,000 | 536,550 | 945,750 ducats. |
| Augmentation | 85,230 | — | — | — ducats. |
| Diminution | — | — | 135,770 | 50,540 ducats. |
Ainsi, en quarante-six ans, tous les revenus qui constatent l'activité du commerce et l'abondance des capitaux avaient éprouvé une réduction de 135,770 ducats; voilà l'effet de la guerre; et pour savoir de combien l'état s'était appauvri, il faudrait pouvoir ajouter de combien la dette et les charges publiques s'étaient augmentées. L'historien dans lequel nous puisons tous ces détails, ne les a pas présentés avec toute la clarté désirable. Il y a même des inexactitudes dans ses calculs, mais il mérite de la confiance, parce que c'était un homme laborieux et à portée d'être bien instruit des affaires. Il était petit-neveu du doge Christophe Moro. Or il dit lui-même: «La signoria di Venezia avea d'entrata nel 1423 d'ordinario, un millione e cento mila ducati; per le grandi guerre che hanno distrutte le mercatanzie ha d'ordinario, ducati 800,000.»
Ces chiffres ne se rapportent pas exactement à ceux que nous avons trouvés en comparant les éléments de son calcul, mais il en résulte toujours une diminution considérable dans les revenus.
[287]: Philippe de Comines dit dans ses Mémoires, liv. 7, ch. 2: «Quand le seigneur se contenterait de 500,000 ducats l'an, les sujets ne seraient que trop riches, et vivrait le dit seigneur en sûreté, mais il en lève 650,000, ou 700,000, qui est grande tyrannie.»
[288]: Delle guerre de' Venetiani, nell'Asia dal 1470 al 1474 libri trè. Cette histoire a été imprimée plusieurs fois. M. Morelli, bibliothécaire de Saint-Marc, en a publié une édition en 1796.
[289]: Sandi, Storia civile de Venezia, lib. 8, cap. 9.