—Je lui ai persuadé que je deviendrais ici pire que je ne suis, et il a cru que c'était possible, ajoutait-elle en éclatant de rire. Pauvre bonhomme de père, je vais le lâcher au bout de la rue.

Je lui dis que c'était mal.

—Merci, me dit-elle; il m'a promis, si je me conduisais mal, d'employer, avec son tire-pied, un procédé de correction qui n'est pas caressant du tout. Pour sortir, j'ai répondu que j'y consentais; mais je sais comment il s'en acquitte, et j'aime mieux me donner de l'air.

Le soir, elle vint me trouver dans la cour, et me dit d'un air grave:

—J'ai quelque chose à vous demander.

Je crus qu'elle allait me faire quelques plaisanteries; je la suivis dans un coin, un peu méfiante; elle m'arrêta, regarda si on ne l'entendait pas, et me dit:

—Je sors demain; je n'ai pas d'effets. Vous êtes grande comme moi, voulez-vous me prêter les vôtres? je vous les renverrai dans deux jours. Je vais aller en maison; on m'en donnera; je vous ferai rapporter de suite ce que vous m'aurez prêté. Seulement, ne le dites à personne, parce que cela est défendu.

Je lui fis observer que je n'avais que cela; que, si je le lui prêtais, il fallait qu'elle me le renvoyât de suite.

Elle me fit tant de promesses, que je crus à sa sincérité, et que je consentis.

Elle partit. Quelques jours après, comme elle ne me renvoyait rien, je fis part de mes inquiétudes à mon amie.