—Le monstre! le monstre! criait-elle. Qui donc me délivrera de cet assassin de femme et d'enfant?
Elle me prit dans ses bras pour me relever de terre où j'étais restée.
—Voyons, où as-tu mal?
Je montrai ma hanche et mon genou. Ces deux parties avaient porté sur les carreaux et étaient toutes meurtries. Cela était si douloureux que je ne pus me tenir debout. Je vous l'ai déjà dit, la peur me rendait idiote, et je ne pouvais parler. Ma mère me dit:
—Je vais te coucher.
Je lui fis signe que oui. Une fois au lit, elle me mit des compresses d'eau et de sel, et descendit chez un pharmacien chercher du vulnéraire. Le temps s'écoulait et, tout occupée de moi, elle ne pensait pas à partir. On entendait un bruit sourd sur le quai.
—Oh! dit ma mère en regardant par la fenêtre, ce misérable avait raison; il va se passer quelque chose d'extraordinaire: tout lui sera permis. Tant mieux! qu'il me tue! La mort est préférable aux souffrances que j'endure.
Elle revint à moi; j'avais la fièvre, je demandai à boire.
Ma mère n'avait pas de sucre, elle descendit de nouveau. Elle aperçut G... qui causait dans un groupe à quelques pas de la maison.
Elle remonta éperdue.