Je regardai la chambre: c'était un petit ménage, assez convenable.
—Chez qui es-tu donc ici? Et je me levais pour m'en aller.
Elle me retint par ma robe.
—C'est vrai, tu ne sais rien... Attends donc! elle ne me mangera pas. Figure-toi qu'après mon arrestation, je n'osais pas sortir; je ne voulais plus rester à l'hôtel. J'étais en train de me lamenter, quand on vint me dire qu'une demoiselle voulait me parler à toute force. Je crus qu'on me trompait, que c'était quelque créancier; je grondai ma propriétaire, qui redescendit rendre à l'inconnue le savon que je venais de lui donner à elle-même.
Au bout de quelques instants, ma propriétaire remonta, et me dit:
—Cette demoiselle insiste; elle a dit que quand vous sauriez son nom, vous la recevriez.
Si j'avais été debout, je serais tombée tout de mon long; c'était ma sœur! Que me voulait-elle?
Immédiatement, il me vint à l'esprit que mon père était en bas, qu'il allait m'étrangler.
Je dis à la propriétaire:
—Fermez les portes, je ne suis pas ici. Ah! mon Dieu! je suis perdue! Dites que je ne la connais pas, qu'elle se trompe.