—Qu'est-ce que vous avez donc là? dit-il en les serrant dans sa main au travers de sa robe et en la regardant en face. Malgré son aplomb, elle devint livide; tout le monde s'en aperçut.
—Moi, dit-elle, ce sont de mauvaises cartes que j'ai ôtées afin que l'on ne s'en servît pas.
—Ah! fit le monsieur avec un sourire qui n'était pas de bon augure, montrez-les-moi donc.
Elle les tira vite de sa poche et les laissa tomber à terre; comme cela elles furent mêlées. Chacun murmura sans oser rien dire, pourtant tout le monde était sûr d'avoir été volé.
Son amant, qui ne se doutait de rien, disait tout étonné:—Eh bien! est-ce qu'on ne joue plus? Chacun répondit à son appel en prenant son chapeau. Cela le surprit, car elle lui passait les cartes. On assure qu'il ne savait pas qu'elles fussent arrangées.
Comme cette aventure faisait beaucoup de bruit, elle l'expédia à Bruxelles franc de port.
—Ah! lui dis-je, je me souviens avoir entendu conter cette histoire.
D'autres conversations étaient engagées, mais le no 8, dont il était question, nous avait écoutées, et dit au no 6:
—Ma chère, vous avez un vilain défaut; c'est de toujours conter les affaires des autres et jamais les vôtres. Si j'ai de beaux meubles, vous avez de beaux bijoux; nous ne valons rien ni les unes ni les autres, tâchons donc de ne pas nous jeter de pierres entre nous, puisque nous sommes seules pour nous défendre.
J'aurais bien voulu savoir une petite histoire sur le no 6, et je dis au no 8: