—Comment! vous êtes avec elle au théâtre et vous ne connaissez pas l’histoire du petit? mais on en parle ici, à Madrid, partout où les femmes ont une langue.
Votre camarade ne fait rien pour la gloire, tout pour la réclame: elle lit dans un journal qu’une femme vient de mourir et laisse un petit garçon orphelin.
Elle ne va pas chez le magistrat en personne lui offrir de servir de mère à l’enfant, elle écrit à un journal qui publie sa lettre; on lui accorde le petit garçon; il faut qu’elle le fasse voir à tout le monde.
Sa mère est morte depuis quinze jours; au lieu de lui acheter un habit de deuil, elle le déguise en Ecossais.
Elle lui apprend une scène de tragédie.
Quand il y a du monde, elle lui dit: Comment a-t-on tué ta mère?
L’enfant fait le simulacre de donner des coups de poignard et dit d’un air sauvage:
—Comme ça, en se frappant la poitrine.
Mais aujourd’hui, la farce est jouée, le petit a fait son effet, on ne le voit plus, il est relégué on sait où.
Pauvre enfant! on aurait mieux fait de le laisser où il était.