Morel n’offre que 1,000 fr. du dockart; si tu veux le garder, je lui vendrai ma petite voiture 1,400 fr.; garde ta voiture si tu y tiens le moins du monde, ne te gêne pas.

10.

Quant à cet entremetteur de mariages, de qui même tu m’envoies les injures, je ne le connais pas. Que veut-il? Que lui ai-je fait? N’es-tu pas allé à Lyon? N’est-ce pas pour cela que je suis entrée au théâtre?

—Sitôt que tu voulais te marier, je rentrais au théâtre.

Je vais tout vendre sans regret: je suis contente même de me défaire de toutes ces choses qui m’ont coûté tant de larmes. Je prendrai un petit appartement rue Vivienne et une bonne; nous dépenserons peu. Tu tâcheras de faire valoir ton argent et le mien; cela t’occupera et dans quelque temps nous partirons pour toujours.

J’aurais été si heureuse que tu prisses une femme qui te donnât la fortune et le bonheur.

Tu sais bien que je ne t’ai jamais rien demandé. T’ai-je jamais mis à contribution?

Je vais envoyer mes émeraudes en gage; je les retirerai quand j’aurai mon argent.

11.

Je crois que c’est un grand malheur que tu n’aies pas vendu hier, car nous voilà dans une crise qui menace d’être assez longue. Ne crois pas, mon bon Lionel, que si je m’inquiète de cette vente, ce soit à cause de moi. Non, je te l’ai dit, cet argent est à toi. Je veux que tu t’en serves, s’il rentre, pour tenter quelque chose. Je te l’ai dit aussi, tu ne peux pas partir, tu mourrais là-bas. Je ne veux pas que tu partes dans cet affreux pays.